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Mairie de La Prenessaye
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22210 La Prénessaye
Tél. : 02 96 25 64 81

 

> Les Marnots

La spécialité de La Prénessaye 

Jusqu'à l'immédiat après guerre, les pipes en terre étaient beaucoup plus fréquentes en Bretagne que les pipes en bois. Dès le début du XIXe siècle, plusieurs fabriques industrielles rennaises approvisionnaient les foyers mais dans le pays de Loudéac, c'est la production artisanale de Pierre Gapaillard (ci-dessous où il fume un de ses marnots vers 1950) qui a connu un vif succès.

                  

Né en 1870 à La Prénessaye, Pierre Gapaillard apprit dès son adolescence à fabriquer des pipes en terre au village de Launay en aidant ses voisins dans leur travail. Tout en tenant une petite ferme, un débit de boissons et une charcuterie de campagne au bourg, il reprit l'activité de  ses voisins, la développant de manière artisanale qui lui permettait de maîtriser tous les stades de la fabrication.

MOULES ET MODELES

Pour faire de telles pipes, il faut des moules dont la fabrication était un travail de longue haleine. A partir d'une boule de terre sèche, il ébauchait au couteau la forme du foyer, puis, en sculptant un peu chaque jour, il peaufinait son modèle, le ramenant à la taille qu'aurait la pipe plus tard. Utilisant une vieille bôite de conserve, il y plaçait la figurine de terre puis tordait le métal jusqu'à ce qu'il épouse parfaitement les contours, en le liant avec du fil de fer. Il coulait ensuite un mélange de plomb et d'étain de récupération, fondus pour obtenir le modèle en creux. Il s'y prenait en deux temps, préparant séparément chaque moitié de son moule.

                      

Au fil des années, Pierre Gapaillard cré ainsi des foyers représentant des personnages: zouaves (des hommes barbus ou enturbanés, inspirés de la guerre 1914 1918) d'animaux : chèvre, lapin, ou des figures stylisées: gland... 

DE LA MARNE A LA PIPE

La matière première était la marne, sorte d'argile schisteuse que Pierre Gapaillard allait choisir près d'Auray, à une centaine de kilomètres de Loudéac. Son chargement de Marne, qui lui assurait de la matière première pour plusieurs années, revenait par le train jusqu'à la gare de Plémet- La Prénessaye.

La préparation de la terre durait plusieurs mois, il fallait la travailler avec une barrette de fer pour qu'elle devienne liante et compacte.Une fois sèche, elle ne s'émiettait pas.

A l'automne, après avoir malaxé la quantité de marne nécessaire et huilé ses moules avec de l'huile de lin pour éviter qu'elle ne colle, il préparait minutieusement une série de marnots du même modèle qu'il alignait sur une planchette pour les mettre à sécher. Un autre soir, il préparait une autre série, aveec un modèle différent et ainsi de suite jusqu'à ce que son atelier soit rempli.

Il fallait ensuite environ deux mois de séchage. la phase suivante consistait à ébarber, c'est-à-dire enlever les petites protubérances et imperfections des marnots.

CUISSON, TEINTE ET TUYAUTAGE

La cuisson avait généralement lieu vers le mois de mai dans un petit four en terre à deux étages. Il était chauffé avec du bois de récupération et des petits fagots. Après une heure et demie de cuisson, la fournée (jusqu'à 100 exemplaires) était incandescente, le pipier jetait de la sciure de châtaignier qui contient du tanin et dont la combustion rapide noircissait les marnots.

Ultime phase du travail, le tuyautage demandait aussi de la précision. Pierre Gapaillard faisait venir de Marseille du bambou japonais, de forme régulière et facile à ajuster. (Quand les tuyaux venaient à se casser, les fumeurs en fabriquaient avec du bois de pays).

Avec une production évaluée à 3 000 spécimens par an, Pierre Gapaillard livrait à pied sa production dans un secteur étendu, de Merdrignac à Corlay.Activité qu'il a exercé jusqu'à la fin des années quarante.

101 OUVRIERS OU 200 FEMMES?

Très fier de leurs marnots, les prénessayais annonçaient toujours aux voyageurs qui arrivaient à la gare de Plémet-La Prénessaye, au Pont Querra: "vous allez voir une usine formidable. cent un ouvriers!" Arrivés au bourg,, ils leur montraient la petite pièce à l'étage où, avec un peu de chance, ils pouvaient apercevoir Pierre Gapaillard à sa fenêtre. Et ils expliquaient: "c'est lui le patron et l'usine est sans un ouvrier".

Les prénessayais qui ont connu Pierre Gapaillard se souviennent qu'il disait en souriant que son usine employait "200 femmes": deux sans femme!... lui et son fils qui l'aidait parfois!

             

 

 

         

 
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